Edito
Extrait des Annales d'Ars n°315
Jean-Marie Vianney, un guide pour les séminaristes
Le Curé d'Ars aurait bien souri en voyant ce titre, lui qui a rencontré tant de difficultés dans sa marche vers le sacerdoce. Trois aspects caractérisent pourtant sa formation à la suite de l’appel discerné du Seigneur : l’abandon confiant au Seigneur malgré les épreuves, la grâce de la rencontre et du soutien de prêtres attentifs et éclairés, la ténacité malgré les difficultés…
Abandon confiant. Quand le jeune Jean-Marie annonce à sa maman son désir de devenir prêtre, il précise : “pour gagner des âmes au Bon Dieu”. Mais il ne sait presque ni lire ni écrire (il a plus de 17 ans) et son père a besoin de lui à la ferme… Les épreuves de toutes sortes vont se dresser devant lui : le contexte troublé de la Révolution, ses difficultés intellectuelles, l’appel de la conscription et les événements qui suivront, son renvoi du séminaire,… Il s’en remettra toujours avec confiance au Seigneur et à Marie, approfondissant son intimité avec Dieu et attentif aux conseils donnés.
Rencontre de prêtres éclairés. Sa grâce fut de rencontrer sur sa route des prêtres qui vont l’écouter et le guider. Le curé de son enfance, l'abbé Rey, homme respecté et aimé mais qui suivra la Constitution Civile du Clergé et deviendra “jureur”, ce qui marquera la rupture avec la famille Vianney. L'abbé Groboz, missionnaire “réfractaire” qui exerçait clandestinement autour d'Ecully, fit faire au jeune Jean-Marie sa première confession et sa première communion ; son exemple de missionnaire “héroïque” le marquera profondément. L'abbé Fournier, curé à Dardilly en 1803, fut un jeune prêtre qui exerça une forte influence sur le jeune Jean-Marie, jusqu'à sa mort prématurée en 1806. Il y eut enfin l'abbé Balley, curé d’Écully ; celui-ci décida de le garder près de lui au presbytère d’Écully pour sa formation. Jusqu’à son ordination sacerdotale en août 1815, il bénéficiera de la présence bienveillante et ferme de celui qu’il appellera plus tard son maître : prière, travail, vie pastorale et fraternelle, émulation à une vie de sainteté… L’abbé Balley lui forgera un cœur de pasteur et de père, formant son intelligence mais surtout son âme de prêtre.
Ténacité. Cela n’empêche pas son courage et sa ténacité exemplaire. Ténacité pour commencer une formation dans un contexte troublé et sans grands appuis. Ténacité pendant l’épisode des Noës où il doit vivre caché (plus d’un an !). Ténacité quand il doit reprendre des études malgré de nombreux échecs, mais avec le soutien de l’abbé Balley. Ténacité quand il dut se rendre à pied à Grenoble pour être ordonné tout seul car son évêque avait fui et l’ennemi arrivait. Ténacité malgré de nombreux échecs ou des inaptitudes extérieures…
Il fut finalement ordonné prêtre, le 13 août 1815… et nous en rendons encore grâce à Dieu!
Dans ce numéro des Annales d’Ars, la formation sacerdotale du Curé d’Ars est mise en relief. C’est en effet aussi les 20 ans du séminaire de la Société Jean-Marie Vianney à Ars que nous célébrons cette année. Puissions-nous, à l’école du saint Curé, porter toujours plus dans notre prière les vocations sacerdotales…
Père Jean-Philippe Nault,
Recteur du Sanctuaire.
Bienvenu sur notre site, en attendant de vous retrouver ici à Ars...
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